La méditation

Le véritable envol de la méditation à l’ère moderne re­monte aux années 1970, lorsque le psychiatre américain Jon Kabat-Zinn a l’idée géniale de passer au crible des neurosciences les techniques de respiration et de concentration des moines tibétains. Derrière les murs de la clinique de ré­duction du stress qu’il dirige à l’Univer­sité du Massachusetts, il concocte une méthode axée autour de la méditation : la Mindfulness Based Stress Réduction (MBSR), réduction du stress fondée sur la pleine conscience. S’ensuivent de nombreuses études scientifiques prouvant l’intérêt de la méditation dans la réduction de l’anxiété, des douleurs chroniques…

Le mouvement s’étend ensuite en Angleterre, où Mark Williams, éminent professeur de psychiatrie à Oxford, modélise une méthode adaptée aux personnes souffrant de dépression sévère, la Mindfulness-Based Cognitive Therapy (MBCT, thérapie cognitive fondée sur la pleine conscience).

A Paris, le psychiatre Christophe André l’ap­plique depuis plus de dix ans à l’hôpital Sainte-Anne. Pour cet adepte enthousiaste, cette approche révolutionne le trai­tement de la dépression : « D’après mon expérience, la MBCT donne de meilleurs résultats que les traitements antidépresseurs classiques. La pleine conscience stabilise durablement les humeurs et permet aux patients de reprendre leur mieux-être en main, sans médicaments ni effets secondaires. » Des constats validés par l’imagerie médicale.

Plusieurs voies, plusieurs pratiques

La pleine conscience ou mindfulness : terme traduit littéralement par « attention ». Celle-ci est focalisée sur ce que l’on ressent, ce que l’on fait, ou sur quelque chose au long terme ; elle se pratique assis, debout ou en marchant. Ressentir le moment présent au plus profond de ses sensations et émotions, sans ressasser le passé ni s’inquiéter pour l’avenir.

Le zazen : méditation bouddhiste, effectuée dans des dojos en position assise ou en marchant, vêtu d’un kimono. Elle consiste à ressentir l’« ici et maintenant» en laissant filer les idées sans les retenir.

La méditation d’inspiration tibétaine : elle s’appuie sur des images symboliques (la flamme d’une bougie, une fleur, les figures des mandalas) qui aident à focaliser l’attention.

Dans toutes ces formes de méditation, l’observation de sa respiration est un point d’ancrage qui permet de calmer le tumulte des pensées.

Mais la méditation n’est « ni un médicament qui soigne tout ni une technique capable de créer des compétences qu’on n’a pas », souligne Marc de Smedt, méditant et fondateur du magazine de spiritualités Nouvelles Clés. Elle peut satisfaire un besoin de transcendance et rendre meilleur, mais ce n’est pas une nouvelle religion – sauf peut-être au sens premier du terme, “religare”, qui signifie “relier” – puisqu’elle permet d’entrer en contact avec une partie ignorée de soi-même.

Car méditer tient du voyage intérieur, que les moines disent mettre des décennies à parcourir.

Sylvie Pronost, sophrologue

(source d’inspiration pour l’écriture de cet article le dossier paru dans l’Express N° 3289, les vrais pouvoirs de la méditation)

Pour aller plus loin,

à écouter 3 minutes à méditer, la chronique de Christophe André sur France Culture

à lire l’article Méditer 3 minutes avec Christophe André

l’article Qu’est-ce que la méditation, pour un moine bouddhiste ?